Nous sommes le 30 décembre 1790, au cimetière de Mignovillard. Aujourd'hui, je reste en retrait et n'irai pas parler à mes ayeux, ce n'est pas le meilleur moment pour leur raconter qui je suis.
C'est encore un triste jour pour la famille GREVET. Pour Jean Claude (sosa 778) et son épouse, Marie Françoise BOLARD (sosa 779), c'est la septième fois qu'ils enterrent un de leurs enfants. En 1765, ils avaient déjà enterré leurs deux ainés, Aimable Joseph, âgé de 7 ans, le premier avril, et Marie Victoire, âgée de 5 ans, le 27 avril. Le 3 mars 1775, Marie Françoise accouchait d'un enfant sans vie, qu'il a fallu inhumer dans la foulée.
En cette année 1790, que s'est-il passé ? Le 17 novembre décédait Jean Pierre, leur fils de 17 ans, puis le 24 novembre, c'était au tour d'Aimable Germain, 24 ans. S'ensuivait, la mort de Marie Françoise, 22 ans, le 27 novembre, trois jours après son frère. Puis hier, 29 décembre, Marie Théraise les rejoignait, âgée de 26 ans.
Sur 12 enfants, il n'en reste plus que cinq : Jean Joseph, né en 1762, Jeanne Antoine, née en 1775, Marie Reine (sosa 389) et Pierre Ignace, les jumeaux, nés en 1776 et Pierre Ignace, né en 1779.
Comment peut-on se remettre d'avoir vu mourir autant d'enfants ? Petits, il y a les maladies qui à cette époque les emportent rapidement mais là ce sont quatre grands enfants, qu'a t'il pu leur arriver ?
L'été et l'automne 1790 avaient été extrêmement secs dans la moitié nord de la France, ce qui peut amener son lot d'épidémies, de l'eau contaminée ...
Jean Claude et Marie Françoise ne résisteront pas longtemps, ils décèdent quelques année après, sûrement dû à un chagrin immense. Jean Claude rejoint ses enfants le 5 juin 1793, âgé de 56 ans et Marie Françoise, le 5 juin 1795, au même âge.
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