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Aujourd'hui, ma gazette des ancêtres me fait remonter au début du vingtième siècle, dans une commune bressane de Saône et Loire. 

Nous allons rencontrer Jeanne Marie FOUCHERAND, épouse de Philibert PRESUMEY et grand-mère de mon arrière grand-mère, Valentine PRESUMEY (épouse BON). Nous avions déjà rencontré le père de Jeanne Marie lors d'un précédent rendez-vous (cliquez ici pour le lien vers RDV Ancestral n°2). 

Bouhans - le 13 février 1911

Cinq jours plus tôt, un drame s'est déroulé dans cette commune de 479 habitants. 

 

Jeanne Marie est chez elle et beaucoup de personnes sont là également, la plupart en pleurs. Un enfant est assis sur ses genoux, elle me voit arriver et parle à l'enfant qui va s'asseoir plus loin. Elle vient à ma rencontre. 

- Bonjour Jeanne Marie, je m'appelle Aline, veuillez accepter mes sincères condoléances. Vous ne me connaissez pas et ce serait très long à vous expliquer, mais je fais partie de votre famille et quand j'ai appris dans le journal ce qui était arrivé, ça m'a retourné et je suis venue vous voir. 

- Bonjour Aline, merci pour votre compassion. Mais, il fait froid, entrez, nous allons nous réchauffer. 

Comme souvent, nos ancêtres sont moins réticents avec les étrangers. Il n'y a pas la même vigilance qu'actuellement.

Nous entrons dans la petite ferme bressane, quatre enfants sont assis, regardant un livre ou jouant avec des chevaux en bois. Une femme d'une trentaine d'année est assise dans un fauteuil, entourée d'une couverture, elle ne réagit même pas à mon entrée, ses yeux sont rouges et gonflés. On ressent son énorme chagrin. 

Jeanne Marie m'invite à m'asseoir à table. 

- Alors dites moi comment sommes-nous apparentées ? 

- Eh bien voilà, ma passion me permet de voyager dans le temps la nuit, pendant mes rêves, et de rencontrer mes ancêtres. Je suis l'arrière arrière petite-fille de votre fils François. 

- Comment est-ce possible ? 

- Je ne saurais vous l'expliquer, peut être juste le fait de ne pas vouloir oublier votre passage sur Terre. 

- Pourquoi ne pas venir avant les drames pour nous prévenir et qu'on arrive pas à une situation comme aujourd'hui ? 

- Malheureusement, je le voudrais tout comme vous mais je risquerais de modifier beaucoup de choses, le destin de vos enfants et petits-enfants. Je peux donc juste venir vous parler mais sans vous dévoiler quoi que ce soit du futur. 

- Je sais au moins qu'un des enfants de François se mariera, mais lequel ? Marcel, Léontine, Augustine ? 

- Mon arrière grand-mère est Valentine, enfin Augustine pardon. Elle préfèrera qu'on l'appelle par son deuxième prénom, mais vous vous en rendrez compte vous-même. 

- Ca redonne de l'espoir, même si ce jour n'est pas aux réjouissances. Les enfants nous forcent à garder l'envie de vivre, se battre pour eux. 

- Votre belle-fille retrouvera le goût de vivre et son énergie, croyez-moi, il lui faut juste du temps. Ses autres enfants ont besoin d'elle, Philibert, le plus vieux n'a que dix ans, Jules sept ans, Valérie six et Marie quatre. 

- Il y a deux ans, mon fils Pierre, le père de ses pauvres petits, décédait, à même pas trente ans, la laissant seule avec les enfants. Deux mois plus tard, mon mari, Philibert mourait à son tour. Cet accident est vraiment le coup de trop. Dieu l'a rappelé à lui, mais pourquoi nous inflige-t'il autant de souffrances, je perds la foi, je ne comprends pas pourquoi il nous inflige toutes ces épreuves. 

- Je suis comme vous, je ne le comprends pas parfois. Comme vous, ma famille a été très éprouvée au fil des années et c'est toujours aussi difficile d'endurer les nouvelles épreuves de la vie. 

- Notre petite Alice était pleine de vie. Marie Constance était allée faire ses corvées comme tous les jours. Elle avait laissé les deux plus petites dans la maison, vers le poêle, pour qu'elles n'aient pas froid, pendant que les grands s'occupaient des animaux. Je ne sais comment, Alice s'est retrouvée avec sa robe qui prenait feu. Marie a eu beau appeler sa maman, le temps qu'elle arrive la plus petite était en feu. Les grands sont vite venus me chercher ainsi que leur oncle, Claude PELLETIER. Quand nous sommes arrivés, Marie Constance avait arrosé Alice et donc éteint le feu. J'ai commencé à déshabiller la pauvre enfant qui souffrait mais c'était horrible, la robe collait à sa peau. Alice était trop brûlée, nous nous sommes regardés avec Claude, nous savions qu'il n'y avait plus rien à faire. Pauvre petite ! 

Jeanne Marie enfouit son visage dans les mains, les larmes coulent à flot, elle n'arrive plus à se retenir. 

- Je compatis à votre souffrance. Je n'ose imaginer à quel point votre douleur doit être immense. Mais, regardez ces enfants, ils ont besoin de vous et leur mère aussi. Vous êtes leur pilier actuellement. Je dois malheureusement vous laisser car le temps tourne. Je reviendrai vous voir. Prenez soin de vous. 

- Merci Aline, prends soin de toi également et merci pour ta visite. 

RDV Ancestral n°13 - Pauvre enfant !
Tag(s) : #RDV Ancestral
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